lundi, novembre 13, 2006

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mercredi, novembre 08, 2006

La lettre



Hier, j’avais laissé sans y toucher la lettre que la concierge avait glissée sous ma porte. Lettre de la banque, relevé de comptes, pas important, pas le temps. Mais aujourd’hui, en entrant, j’ai vu qu’une nouvelle lettre avait été glissée.

L’écriture m’était familière sans que je ne cherche immédiatement à la reconnaître. C’était une lettre de nouvelles, pas une lettre-prospectus ou une lettre-administration. Pourtant, je la laissai par terre et allai me préparer à manger, affamée.

Ce n’est que vers 19h30 que je la pris entre mes mains. Au dos, le nom de l’expéditeur. C’était elle, Elle, L. D’elle, je me souviens, il y a longtemps, avoir dit « Il y a des gens qu’on ne choisit pas, mais qu’on fréquente toute sa vie. » Ca paraissait, et ça l’était, dur et cruel. Comme l’image d’un poids que l’on traîne. Si j’avais pu l’écrire, le penser, le dire, c’est parce que dans ma vie elle n’était plus. Au hasard des chaos de son propre quotidien, elle avait disparu du mien.

Et puis, il y a un mois, cinq semaines précisément, elle m’avait appelée. Immédiatement, avant même que je ne décroche, j’avais su que c’était elle. Toute de fissures et de chaos, de meurtrissures et de violences. Alors qu’elle résumait, avec verve et tant de raccourcis que dans le malheur ça en devenait comique, ses dernières années, je m’étais sentie loin, très loin d’elle, avec en même temps la certitude qu’elle serait toujours près de moi.

Et voilà que, cinq semaines de silence, elle a reprit contact, par écrit (elle n’aurait de toute façon pu le faire autrement, d’où elle m’écrit). Dans un simple recto-verso, écriture serrée, elle évoque, avec une justesse qui me frappe, les moments que nous avons passés ensemble. Les personnes que nous avons connues. Nos errances et nos joies.

J’ai remis la lettre dans l’enveloppe. La lettre quelque part dans l’appartement, je ne sais déjà plus où. Comme pour l’oublier, la renier. Et en même temps, cette lettre a apporté dans mon quotidien une bouffée d’intimité qui souvent lui manque : comme si elle seule dans ses révoltes et ses égarements me connaissait vraiment.

lundi, novembre 06, 2006

Dédidaces fin novembre



Deux séances de dédicaces fin novembre...

D'abord au Salon de Montreuil (détails plus tard), ensuite à la librairie Folies d'encre, 9 avenue de la Resistance, Montreuil, le samedi 25 novembre, 16h.

Sinon, en ce moment, je fais des rêves qui me font dire, systématiquement au réveil, Ah, faut que je les note. Souvent des rêves extrêmement précis, assez violents aussi, et très réalistes.

Dans la nuit de samedi à dimanche, méli-mélo de rêves. D'abord, je cherche à acheter une maison à Nevers, mais il n'y a à vendre que de minuscules boîtes en verre et béton, comme des abribus fermés, sur flanc de montagne, construits pour les très pauvres qui depuis se sont enrichis et n'en veulent plus, et les vendent pour des bouchées de pain. Je suis dépitée et décide de ne pas quitter Paris.

Ensuite, je rêve que je m'enfuis de chez monsieur Jeanne à travers la route, c'est l'hiver, je passe par la forêt pour qu'il ne me retrouve pas. Quand soudain, sur le bord de la route, des oiseaux, très beaux, gris mouchetés, vivants mais gelés de froid dans une marre, et qui en tentant de s'en extraire débordent sur la route. Je fais de grands signes pour que les voitures les évitent, mais souvent, elles ne font pas attention et les écrasent. Je souffre comme si on me broyait les os.

Reprise du rêve après un interlude mégalomaniaque : je suis devenue la directrice d'une société que je connais bien, et après des mesures mûrement réfléchies (je décide de ne plus embaucher ni CDD ni stagiaires, à bas la précarité), qui certes pesèrent lourdement sur la masse salariale de la première année mais qui permirent de rétablir la motivation des troupes, je suis devenue très riche. Très très riche, enfin, non, même pas tant, je gagne 10.000 euros par mois, mais j'ai acquis tout un pan de forêt dans le centre de la France où j'ai décidé d'installer d'un côté le domaine des oiseaux, et de l'autre, le domaine des chats. Entre les deux, car les chats et les osieaux ne s'entendent pas, une zone tampon, constituée par les bureaux, et tout le monde est très heureux. L'entreprise va tellement bien que Microsoft me propose de racheter l'entreprise pour 35 millions d'euros, mais je fais comprendre que je ne céderai pas à moins de 45 millions. Puis je vais sur le parcours de golf mais là, tout à coup, au milieu de mes salariés qui sont heureux en famille et moi qui à 38 ans suis seule, je me sens infiniment triste.

Et la nuit dernière, j'ai rêvé d'une élection : Sarkozy, Royal, DSK en lice. Les résultats s'affichent, Sarkozy a 14%, Royal, 11 et DSK, 15% et je pleure de joie.

jeudi, novembre 02, 2006

Métro boulot Montreuil

Tout à l’heure, j’ai croisé son regard. Nous nous sommes regardées. Yeux dans les yeux. Oh, pas longtemps, pas de quoi se dire qu’on se connaissait, juste de quoi comprendre qu’on était vivantes, toutes les deux, dans le métro, au milieu du champ des yeux mornes, ternes avant même de s’ouvrir, et des chaires fatiguées.

J’ai souri, mais, pudeur, n’ai rien osé montré.

Sinon, il est fort probable que j’aille signer à Montreuil fin novembre, même si j’ai vraiment, vraiment, vraiment horreur de ça.

dimanche, octobre 22, 2006

Jeanne et le médecin

dimanche, octobre 15, 2006

Question Réponse

jeudi, octobre 05, 2006

Bellmer et la censure

J’apprends ce jour en lisant le Monde que « la Whitechapel Art Gallery, l'un des principaux centres d'art londoniens, a écarté de l'exposition qu'elle consacre à l'artiste Hans Bellmer (1902- 1975) une dizaine de dessins. Cette mesure a été prise par la directrice de l'établissement au motif que certaines oeuvres érotiques du peintre, figure majeure du surréalisme, pouvaient choquer la population musulmane de ce quartier populaire. L'exposition, montée par le Centre Pompidou, avait été présentée à Paris, au printemps, puis à Munich. En arrivant à Londres, la commissaire de l'exposition, Agnès de la Beaumelle, a constaté que les surfaces prévues pour l'accrochage étaient insuffisantes. Elle a donc procédé à un premier tri. Mais le 19 septembre, à la veille du vernissage, la directrice de l'établissement, Iwona Blazwick, prit une mesure "réellement grave", estime Mme de la Beaumelle. "De sa seule autorité et en dépit de mes protestations, elle a décroché une dizaine d'oeuvres. Elle les trouvait "sulfureuses" et a clairement évoqué, outre des ligues antipédophiles, le fait qu'il aurait été dangereux de les exposer à la Whitechapel, étant donné que le quartier abrite des populations musulmanes." Les tableaux figuraient pourtant au catalogue de l'exposition. La directrice ne pouvait invoquer la surprise. Personne ne lui avait intimé la moindre consigne, aucune menace n'avait été proférée. La commissaire s'estime donc "clairement confrontée à un cas d'autocensure". »

Je m’interroge.

Si la Whitechapel se réveille soudain en se disant qu’il ne faut pas exposer des œuvres qui risquent de heurter les sensibilités pour leur charge érotique, fallait peut-être pas choisir Bellmer.

Si un lieu d’exposition, et je dis bien un lieu, et non un commissaire d’exposition (puisque la sélection est à la base même de son travail), se met à tailler dans le vif pour retirer les aspects corrosifs d’une œuvre, fallait peut-être pas choisir Bellmer.

Et, surtout, quelle est la légitimité de cette démarche de censure qui vise à revisiter le corpus d’une œuvre ?

Si l’œuvre de Bellmer était effectivement porteuse d’une provocation volontaire à l’égard de populations musulmanes, je comprendrais que puisse se poser la question de sa mise en exposition. Mais cela, sauf grossière erreur de ma part, n’est pas le cas. Alors la censure se légitime-t-elle ? En quoi la Whitechapel peut-elle rendre coupable l’œuvre de Bellmer de provocations dont elle n’est pas volontairement porteuse ?

Et, enfin, devons-nous n’attendre de l’art qu’une vision consensuelle de la réalité ?

J’ai raté l’exposition à Beaubourg, et, aujourd’hui, je le regrette doublement.