vendredi, septembre 29, 2006

Teasing paresseux

Je ne suis pas allée voir l'expo Mickey (même si je partage l'avis de Paul, Libé donne l'envie d'aller vérifier), non, non... Mais j'ai révisé mon code (oui, je continue d'apprendre à conduire, et me suis décidée de passer le code, le jour de mon anniversaire, bah oui, on s'amuse comme on peut) et je continue de bosser sur Jeanne et le travail qui s'appellera, in fine, Working Jeanne. Et voilà même la couverture.



Ca parlera, comme c'est étonnant, des relations passionnées entre Jeanne et le travail, parce qu'en vrai, je veux dire, ailleurs que derrière l'écran et sur le papier, je travaille. D'ailleurs, le week-end dernier, j'étais en séminaire d'entreprise, la preuve avec cette photo.



(Mais l'eau de la piscine était froide.)

Et parce qu'il faut faire des choix dans la vie et que le temps file, par contre, pour la vie sociale et amoureuse, on repassera.

mardi, septembre 19, 2006

Disney... sans polémickey

Titre de l'article dans le Libé d'aujourd'hui, 19 septembre, à propos de l'expo au Grand Palais.

Mickey (enfin, plutôt Donald, anti-héros malchanceux) a bercé mon enfance, je le lisais le soir et le matin. Rendez-vous quotidien, familier, presque intime... Et pourtant quand j'ai vu les affiches pour l'expo, je me suis interrogée. Mickey peut-il être érigé au rang d'art ? Les musées peuvent-ils ouvrir leurs portes jusqu'à incorporer les formes de culture dite populaire, comme cela est de toute façon coutume (le Guggenheim a même été jusqu'à exposer des motos, alors bon, des motos ou Mickey...) ? Je le crois. Mais à condition de garder un regard critique. Regard qui, au souvenir des expositions que j'ai vues au Grand Palais, manque parfois à l'institution... Et l'article de Libé ne semble pas de bonne augure... dommage.


"Ce n'est pas commode de visiter une exposition avec un revolver sur la tempe. C'est symboliquement ce qui se passe avec «Il était une fois Walt Disney» où, d'entrée, une citation tétanisée d'Eisenstein alpague le chaland : « Celui qui aura l'idée de planter dans Disney les crocs de l'analyse et de l'évaluation communes, des exigences ordinaires, des normes admises, des demandes et des appels à des "genres élevés" de l'art, celui-là claquera des dents dans le vide. » Kaï-kaï à la niche, nous voilà plus sonné que Dingo. Sauf qu'à relire la citation stalinienne d'Eisenstein, plus ambiguë qu'elle n'y paraît, on se sent encouragé malgré tout à planter les crocs. Partout.
Rhétorique. De fait, pas à pas, il y a de quoi mordre. Bien que les responsables de cette exhibition s'emploient, à longueur de textes (cf. un copieux catalogue de 355 pages vendu 45 euros), à dégainer toutes les pincettes, jusqu'à s'entortiller dans la rhétorique du «on pourrait bien sûr s'étonner, mais en fait non», on se demande ce que cet exhaussement outré de Walt Disney au rang d'Artiste («plus grand conteur du XXe siècle», «un des créateurs les plus originaux de son temps»), peut bien ajouter ou retrancher à l'éventuel plaisir enfantin qui nous fit pleurnicher à la mort de la maman de Bambi ou espérer qu'un jour mon prince viendra.
Autre atermoiement, et non des moindres, l'idéologie de Walt Disney en personne, qui ne cacha jamais ses convictions de droite extrême, jusqu'à célébrer le maccarthysme. Ce léger souci moral est vaguement évoqué puis par ici la sortie. Ainsi, à la volée d'un cartel, apprend-t-on qu'une grève éclate aux studios Disney en 1941. «Walt Disney comprend mal», est-il écrit sans rire. De même, pour l'interprétation des grands classiques du conte européen (les frères Grimm, Perrault, Andersen, Collodi...), dont il est dit, toujours au rayon du slalom dans un champ de mines, qu'elle se révéla, à l'américaine, «parfois» désinvolte. Le «parfois» est charmant, alors que toute l'entreprise impérialiste des studios Disney, dès Blanche-Neige (1937), a consisté à pastelliser et labelliser à l'oeil le fonds commun mythologique mondial, à le colorier pour en gommer toute noirceur ancestrale et fondatrice, l'effroi dans le monde des éléphants roses (et bleus) de Disney n'existant que pour être relégué, châtié ou ridiculisé.
Modèle. A part ce tombereau de détails, c'est quoi l'idée ? Que Disney et ses dessinateurs ont été artistiquement influencés, «du Moyen Age gothique jusqu'au surréalisme». On notera, malgré la largeur du râteau synthétique, l'impasse cruelle sur l'art précolombien et le macramé. Mais, à part ce déficit, on n'avait pas forcément à l'esprit que, sous Disney et ses escadrons, pouvait percer Bruegel le Jeune, alors qu'il crève les yeux, au vu d'un rapprochement au cric, que le Retour de l'auberge du maître flamand a servi de modèle à la maison des fées dans la Belle au bois dormant . Quant au rapt généalogique et technique de Grandville, Gustave Doré, Benjamin Rabier, Emile Reynaud, Emile Cohl, Calvo ou Arthur Rackham, la mise en scène de leur rapport à Disney est aussi démangeante que des puces sur une pierre tombale.
A l'autre bout du yo-yo, une salle terminale explique dans le même style de fausse évidence que Walt Disney a lui-même influencé l'art contemporain. Ce qui permet d'épicer le brouet d'une contradiction, forcément «illusoire» (il ne manquerait plus que la dialectique s'invite dans la maison Disney), «entre culture populaire et culture savante». On n'ose supputer ce que ce «savante» veut dire... Sont donc mis au garde à vous : du Warhol, du Lichtenstein ou du Boltanski, en passant par Destino (1946), un essai de dessin animé de Salvador Dalí pour Disney, d'un certain goût pour qui aime celui de Dalí.
Magasin. Qui se ressemble s'assemble, dit l'exposition, alors qu'il semblait admis que l'art, à la lumière de son histoire, est fait de dissemblances, de ruptures et d'insurrections. Cette idéologie pacificatrice et réactionnaire, au terme de laquelle rien ne se perd et donc ne se crée, n'est hélas pas le propre de cette entreprise, mais elle en est, à sa façon pathétique et lassante, le symptôme nouveau riche. Dans une scénographie dont les couleurs et la déco (silhouettes découpées) ne sont pas sans évoquer l'esthétique du magasin Disney des Champs-Elysées, les galeries nationales du Grand Palais proposent donc un produit très dérivé (Mickey, ce n'est pas que de la souris, c'est de l'art) que la Walt Disney Company n'avait pas encore osé commercialiser dans son parc d'attractions de Marne-la-Vallée.
A ce titre, il est rageant qu'une entrée à «Grand Palais-Land» ne donne pas droit à un tour de manège gratuit."

Par Gérard LEFORT

jeudi, septembre 14, 2006

Lever les yeux



Cet été, en Bretagne, du milieu d'un lac.

Je remarque qu'il suffit que je parle de sexe pour que vous commentiez, hum hum. Tant mieux. Parce que souvent je me demande pourquoi certaines planches n'ont eu aucun commentaire : qu'est-ce qui vous fait taire ?

Et puis il est fort probable que je mette, ici, de moins en moins de planches, parce qu'on m'en demande de plus en plus ailleurs. Les photos sont bien évidemment une solution de facilité.

On me demandait, hier, ce qui manque à Jeanne pour qu'elle s'arrache. Les fous de BD-dessinée répondront le dessin, sans doute. Maintenant, lorsque j'interroge à droite à gauche, le dessin n'est pas un écueil aux yeux des novices. Au contraire : le minimalisme, semble-t-il, permet à certains d'entrer plus facilement dans des pages qu'ils n'ont pas pour habitude de fréquenter. Mais c'est un fait, le dessin, parce que je manque de pratique et parce que celui que j'ai défini d'emblée pour Jeanne est très borné, me contraint. Par ailleurs, impossible de la placer dans les rayons de librairies spécialisées BD : elle y serait à peu près aussi incongrue qu'au milieu d'un rayon de poésie (c'est-à-dire, franchement incongrue, mais pas totalement pour autant). En un mot : sa difficulté à être classée, voilà ce qui gêne aux entournures. Du moins, je crois. Mais pour l'instant, cela ne me dérange pas plus que ça. Je préfère avancer petit à petit ici et là, car, fondamentalement, ce qui me manque, c'est le temps.

lundi, septembre 11, 2006

Silence

Bon, ça y est, le premier brouillon de Jeanne et le travail est terminé. En voie de correction chez Monsieur Jeanne. Car comme tous les trucs d’une certaine ampleur, moi, je n’ai plus guère envie de le relire. Ainsi, Les Hommes de Jeanne une fois terminés n’ont jamais été relus ; pareil pour les Saisons. Pareil aussi pour ma thèse, mais bon, elle dure 500 pages alors on comprend mieux que je ne passe pas mes soirées à la relire pour le plaisir.

Hier, je me disais que le prochain tome pourrait porter sur le surprenant sujet « Jeanne et le sexe », voire, encore plus surprenant, voire carrément incongru, « Jeanne et le bonheur ». Je sais, ça semble fou.

samedi, septembre 02, 2006

Jeanne au pays de l'économie

Depuis le 1er septembre, Jeanne se montre dans Terra Economica. Parution tous les 15 jours, rubrique "Brèves", en libre accès !